2e dimanche de l'Avent

DES CHEMINS INSOUPÇONNÉS
par Jean Grou

Si vous avez lu l’infolettre de ma collègue Marie la semaine dernière, vous vous rappelez peut-être qu’elle portait essentiellement sur la joie de Noël. Aujourd’hui, je vous emmène sur un tout autre terrain au risque de paraître… rabat-joie!

En effet, il y a un an presque jour pour jour, mon frère Benoît nous quittait, emporté par le cancer. Benoît aimait beaucoup le temps des fêtes; il se saoulait de musique de Noël et décorait avec soin son modeste logis. Il aurait bien aimé se rendre jusqu’au 25 décembre l’an dernier, mais le sort en a décidé autrement. 

Lorsque j’apprenais la nouvelle de son décès à des personnes autour de moi, certaines m’ont dit: «Oh! C’est vraiment pénible de perdre ainsi un proche à la veille du temps des fêtes.» Bien sûr. Mais en y réfléchissant un peu, je me disais qu’au fond, j’aurais été bien plus triste et mal à l’aise de célébrer Noël avec ma petite famille en sachant que mon frère vivait ces heures dans la souffrance. Cette pensée m’a apporté une certaine consolation et même un peu de joie.

Comme quoi la joie de Noël prend parfois des chemins insoupçonnés. Elle ne se confond pas toujours avec l’allégresse facile, ni avec l’ambiance lumineuse qui colore nos villes en décembre. Parfois, elle se faufile dans un souvenir, dans une paix discrète, dans la certitude que l’amour traverse nos deuils sans s’éteindre. Noël nous rappelle que même dans la nuit, surtout dans la nuit, une lumière peut naître et demeurer. C’est peut-être cette lumière-là, humble et têtue, que je reconnais aujourd’hui en pensant à Benoît.

 


Jean Grou
Rédacteur en chef de Prions en Église et de Vie liturgique
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