2e dimanche du Carême

UN JARDIN EN PLEIN DÉSERT
par Stéphane Morin

J’ai voulu entamer cette période de Carême dans les meilleures dispositions, en faire un temps privilégié de recueillement et de renouvellement. Le destin – ou la réponse à mes prières ? – semble toutefois en avoir décidé autrement. Au lieu d’un regain de vitalité spirituelle, une intense sécheresse intérieure, venue de je ne sais où, s’est imposée dès le début. Le désert. Les repères familiers semblaient soudainement évaporés. Même l’élan des bonnes intentions, le sens et les idéaux se sont évanouis.

Puis, soudain, un revirement. De ceux qui surviennent parfois à l’occasion d’une parole, d’un silence, d’un regard, d’un sourire, d’un simple geste… et qui nous rappellent à l’existence et à la vie. Ici, ce fut un hymne de l’Orient chrétien : l’Acathiste à la Mère de Dieu.

 
« Réjouis-toi, rayonnement du Soleil véritable

Réjouis-toi, éclat de la Lumière sans couchant

Réjouis-toi, qui illumine nos cœurs

Réjouis-toi, flambeau portant la lumière inaccessible. »


Cet air et ces paroles m’ont placé en présence d’un autre monde. Non pas seulement comme un réenchantement passager, mais avec l’impression d’être introduit dans un univers céleste bien habité. Une sorte d’épiphanie, à la frontière de deux mondes : un réel illuminé, transfiguré, au relief nouveau, comme un jardin poussant en plein désert.

Mirage ? On peut se le demander. Toute expérience comporte une part de subjectivité. Pourtant, tout ne se réduit pas à l’émotion ou à l’impression fugitive. Il est des moments qui éclairent le chemin, qui redonnent orientation et espérance. 

Ce que j’en retiens, malgré les vertiges passagers, c’est que le désert est avant tout un lieu de pèlerinage : une traversée vers la Terre promise, vers la résurrection et la vie. Le chemin peut être aride et ardu, mais on y rencontre parfois quelques oasis, qu’il fait bon accueillir dans l’action de grâce.

« Cherchez d’abord le Royaume, le reste vous sera donné. »


Stéphane Morin
Chef des opérations commerciales Novalis
Retour au blog