Sœurs de Saint François d'Assise


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Cent ans de grâces! Un héritage à partager… Un défi à relever!

Fondée a Lyon en 1838 par Anne Rollet, une simple ouvrière de la soie, la Congrégation des Sœurs de St-François-d’Assise arrive au Canada le 22 octobre 1904, chassée de France par la persécution qui obligea maintes congrégations à s’exiler pour survivre.

D’abord établies à Beauceville, les quatre pionnières devaient diriger un hôpital, mais de nombreuses difficultés les amènent à répondre aux demandes de plusieurs paroisses qui désirent des religieuses pour leurs écoles. Dès 1907, un noviciat s’ouvre sur les hauteurs de Vallée-Jonction et le couvent baptisé Mont-Jeanne-d’Arc devient ainsi berceau de la Congrégation au Québec. Il sera plus tard transformé en Pensionnat où de jeunes garçons recevront une formation pré-classique avant d’être à nouveau aménagé en Maison de retraites, de sessions et de rassemblements divers.


La fondatrice Anne Rollet, 1788-1855 


Après des débuts difficiles et bien des épreuves, les religieuses, dont le courage n’a d’égale que leur foi, sont autorisées à construire un hôpital à Québec: la construction commencée en 1912 et terminée le 10 août 1914 reçoit le nom de St-François-d’Assise; il sera voué au soin des mères et de leurs nouveau-nés, service alors inexistant à Québec pour la population francophone. Mais la guerre modifie les plans initiaux et 35 de ses 60 lits sont réservés aux soldats cantonnés à Valcartier. L’hôpital se développe peu à peu, grandit et est devenu très polyvalent au moment de sa cession au gouvernement en 1973. D’autres milieux ont aussi pu bénéficier du dévouement des sœurs: hôpitaux et foyers ont fleuri au cours du siècle écoulé; ils répondaient à un besoin du temps auquel la Congrégation s’est toujours efforcée de demeurer attentive.

Les fondatrices au Canada, octobre 1904 : Mère Gertrude, Mère Saint-Rémi, Mère Edwige, Mère M-Laurentine, Soeur Emilienne 


Concurremment, les écoles se sont rapidement multipliées partout dans la Province et on ne compte plus les paroisses qui ont bénéficié de l’éducation offerte par la Congrégation. En 1926, le Couvent Ste-Marie-des-Anges, sis à Charlesbourg, abritera le nouveau noviciat, un pensionnat de jeunes filles, un Institut familial et une École Normale dans les années 50, ainsi qu’un Foyer pour dames âgées dans les mêmes années. C’est aujourd’hui le siège de l’administration provinciale. De plus, 1’Institut Notre-Dame de Roc-­Amadour, qui fera plus tard place au Collège du même nom affilié à l’Université Laval, dispense le cours classique de 1940 à 1967, année où il fut vendu à la Commission scolaire de Québec.

Aujourd’hui, les Sœurs, vu leur âge et les bouleversements sociaux des dernières décennies, ont peu à peu quitté leurs œuvres traditionnelles et tentent de répondre aux besoins de 1’Église et de la société selon leurs charismes et les appels reçus. Elles vivent dans des milieux modestes en s’efforçant de mettre de l’avant les valeurs de minorité, de conversion, de pauvreté et de contemplation propres à la spiritualité franciscaine dont elles se réclament. Signe des temps nouveaux, c’est grâce à une intuition de l’une d’elles, qu’est né le florissant mouvement des Brebis de Jésus qui a pris une expansion extraordinaire tant au pays qu’à l’étranger. Évangélisés par les jeunes formés par des pasteurs engagés, d’autres jeunes sont à leur tour source de grande joie et porteurs d’espérance à ce monde en quête de valeurs spirituelles solides et durables.

Sœurs de St-François-d’Assise, n’avons-nous pas toutes les raisons d’être fières de notre histoire et de rendre grâce au Dieu de tendresse qui nous a conduites jusqu’à ce jour où nous célébrons ces 100 ans de grâces ? Oui, nous avons un bel héritage à partager et, devant nous, encore des défis à relever !

Pour perpétuer la mémoire de celles qui ont bâti notre congrégation au Canada, une de nos sœurs, Lise Jacob, a mis par écrit les faits et gestes qui ont étayé notre histoire en ce pays. « LOUÉ SOIS-TU, SEIGNEUR, POUR MES SŒURS LES SAISONS » est une fresque en quatre volets, à l’image des saisons de la nature et de la vie. À la suite d’Anne Rollet, se sont succédé, à la tête de l’Institut, douze supérieures générales. Les différents chapitres de l’ouvrage présentent le rayonnement de ces femmes dont la personnalité a marqué la vie de la congrégation au cours de son histoire. Et défilent devant nos yeux les visages aimés des sœurs qui ont œuvré dans les paroisses, les villages et les villes où elle ont laissé leur empreinte; dans toutes ces pages, on retrouve l’esprit et le charisme fondateur : un ouvrage à la hauteur d’une aventure fascinante !

Une histoire qui continue

Depuis 2004, année du centenaire d’arrivée des Sœurs de Saint-François-d’Assise de Lyon au Canada, la vie a continué avec ses hauts et ses bas. Sept ans plus tard, soit en 2011, à cause du manque de relève, des nombreux décès dû à l’âge avancé et à la maladie, il n’était plus possible de demeurer à la Maison-mère devenue trop grande pour le petit nombre de ses occupantes. Les religieuses devaient envisager de trouver un autre lieu plu approprié et mieux adapté à leurs conditions de vie et de santé. Elles se préparaient, depuis un bon moment, mentalement, spirituellement et matériellement à quitter ces lieux empreints de tant de souvenirs… un deuil difficile mais éclairé d’une espérance de revivre autrement dans un ailleurs encore inconnu.

Maison Sainte-Marie-des-Anges, Charlesbourg 1926-2011

Déjà en 2008, en prévision d’un éventuel déménagement, les 270 religieuses inhumées dans le cimetière de la Communauté avaient été exhumées et transférées au Cimetière Saint-Charles de Québec où elles reposent désormais dans la paix…

Monument de la communauté au cimetière Saint-Charles

C’est donc du 7 au 9 février 2011 que 62 religieuses quittèrent la Maison-mère pour emménager dans leur nouvelle demeure, la Maison Beauport, une RPA propriété du Groupe Santé Sedna (maintenant Groupe Valéo). Les unes furent accueillies à l’infirmerie, une unité spécialement organisée pour les personnes handicapées, malades ou non autonomes, les autres au 2e étage réservé aux sœurs les plus valides. Dès le début quelques laïcs se joignirent aux religieuses et plus tard, deux autres communautés s’y retrouvèrent, toutes partageant avec des laïcs de plus en plus nombreux. Peu à peu, les sœurs s’adaptèrent à leur nouvelle réalité et se sentent maintenant chez elles avec un rythme quotidien propre à la vie religieuse et à un vécu apostolique différent. Elles se savent en sécurité, dans un milieu paisible qui les prend en charge selon les besoins particuliers de chacune.

Maison Beauport. Beauport, Québec 2011

En 2013, un promoteur acquiert la Maison Sainte-Marie-des-Anges vacante depuis 2 ans. Son projet n’a jamais vu le jour et il s’est départi de la propriété en faveur d’un nouveau promoteur, lequel s’est aussitôt employé à développer ce site enchanteur. Et maintenant, en 2026, la Maison sera démolie emportant avec elle tout un pan d’histoire pour laisser place à des constructions nouvelles où d’autres générations pourront à leur tour vivre leurs rêves.

Ainsi va la vie !

Alors que l’un meurt, un autre naît et le cycle recommence et se poursuit…

Marie Dandurand, s.f.a.



 

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